Les Nabis

Les Nabis

Les jeunes gens, qui forment en 1888 le groupe des Nabis (prophètes en hébreu), s’attribuent la mission de régénérer l’art et d’abolir tout académisme. Ils sont brillants, audacieux, épris de philosophie, de spiritualité, ouverts à la littérature, au théâtre, à la poésie et à l’ésotérisme. Leurs aspirations se traduiront en peinture et en lithographie par un style décoratif, par la simplification du dessin, à l’exemple de Gauguin, par la recherche de l’arabesque et l’emploi d’une matière dense et mate. Bonnard, Vuillard et leurs amis, s’intéressent également aux arts décoratifs pour embellir le cadre de la vie quotidienne. Leur effort de renouveau a permis le magnifique essor d’une nouvelle esthétique, le Symbolisme, affranchissant l’art de leur époque du poids du réalisme.
Pour eux, peindre c’est transposer la nature et donner un équivalent plastique et coloré à des sensations, émotions ou états d’âme. Au service de cet art symboliste, ils choisissent la synthèse et la stylisation des formes. Les couleurs subjectives qu’ils utilisent sont posées en aplats délimités par des cernes sombres.
Leur production artistique se caractérise aussi par le sens du décor, par l’usage des arabesques et par une inspiration souvent japonisante.

 

13 novembre –  Les sources

Ce cercle nait d’une controverse autour d’une peinture de Paul Sérusier Le Talisman (1888, musée d’Orsay) peint sur les conseils de Paul Gauguin lors de son séjour à Pont-Aven ; il devient le manifeste de l’esthétique que ce groupe d’artistes entend développer. Ce paysage du Bois d’amour présente en effet toutes les caractéristiques majeures de la peinture des Nabis : formes synthétiques cernées d’un contour bleu de Prusse ou noir ; planéité de la surface ; intensité des couleurs.


11 décembre –  Pierre Bonnard : « le nabi très japonard »

Il est fortement influencé par les idées de Paul Gauguin et par la vogue du japonisme. Tout particulièrement marqué par cette dernière tendance et la conception différente de la perspective et de l’espace que l’on retrouve dans le kakemono, Pierre Bonnard reçoit alors le surnom de « nabi très japonard ».


15 janvier –  Maurice Denis : « le nabi aux belles icônes »

Influencé par Fra Angelico et Puvis de Chavannes, il est un peintre chrétien. C’est le théoricien du groupe. Celui qui écrira une phrase restée célèbre comme la profession de foi de l’esthétique nabie,: « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »


5 février –  Paul-Elie Ranson : « le nabi plus japonard que le nabi japonard »

Son intérêt pour la théosophie, le spiritisme, la magie, l’occultisme le distingue des autres nabis. Ses activités fort nombreuses le conduisent surtout vers les arts décoratifs (panneaux décoratifs, papiers peints, tapisseries, vitraux) et les décors de théâtre


5 mars –  Paul Sérusier : « le nabi à la barbe rutilante » et Jan Verkade : « le nabi obéliscal »

Paul Sérusier développe dans le groupe nabi un amour de la méthode synthétiste, qui repose sur la mémoire et l’imagination plus que sur l’observation directe.


19 mars –  Édouard Vuillard : « le nabi zouave »

Vuillard a représenté de nombreuses scènes d’intérieurs, notamment avec sa mère jusqu’à la mort de cette dernière en 1928. L’atmosphère de ces scènes de la vie quotidienne, dont il fait un sujet de prédilection, le qualifie comme artiste « intimiste ».


2 avril – Félix Vallotton : « le nabi étranger »

Félix Vallotton est un artiste réaliste. Les situations qu’il décrit sont suggérées, sans embellissement ni glorification. Son art est indiscret, souvent traversé d’humour noir et de raillerie grinçante. Sa renommée devient internationale grâce à ses gravures sur bois et à ses illustrations en noir et blanc qui font sensation.


21 mai –  le théâtre nabi

Sérusier, Vuillard, Maurice Denis, tous ont créé des affiches, réalisé des programmes, illustré des textes dramatiques dans des revues, mais aussi peint, seuls ou en groupe, des toiles de fond pour des pièces de Maeterlinck, Quillard, Jarry. Ils travaillent ainsi pour le théâtre d’Art de Paul Fort et surtout pour le théâtre de l’Œuvre de Lugné-Poe.