Expositions, mod’emploi

Expositions, mod’emploi


Ce cycle de conférences explore les expositions de la saison culturelle.

Chaque exposition vous est présentée par son commissaire ou par un spécialiste du sujet traité qui vous explique les œuvres, leur contexte de création, leur apport éventuel à l’histoire de l’art afin de vous donner un support à la visite.

Chaque conférence permet de mieux comprendre les œuvres, les artistes, les techniques utilisées, voire la fortune critique

 

25 septembre – Picasso. Bleu, rose  par Dominique Dupuis-Labbé, conservateur général au service des musées de France

Le musée d’Orsay et le Musée national Picasso-Paris organisent une manifestation exceptionnelle consacrée aux périodes bleue et rose de Pablo Picasso. Si la période bleue (1901-1904) est marquée par les thèmes mélancoliques – la mort, la vieillesse, la pauvreté–, la période rose (1904-1906), durant laquelle la ligne s’épure, devient plus incisive, plus nerveuse, se concentre sur les maternités, le monde du cirque.

Cette exposition réunit des chefs-d’œuvre, pour certains présentés pour la première fois en France comme La Vie (1903, Cleveland Museum of Art), et propose une lecture renouvelée des années 1900-1906, période essentielle de la carrière de l’artiste qui n’a à ce jour jamais été traitée dans son ensemble par un musée français.
La présentation de cette exposition au musée d’Orsay manifeste la volonté d’inscrire le jeune Picasso dans son époque. Ses différentes productions sont ainsi remises en contexte avec le travail de ses contemporains ou prédécesseurs, espagnols et français (Casas, Nonell, Casagemas, comme Steinlen, Degas, Toulouse-Lautrec ou Gauguin) qu’il a pu observer directement, dans les salons ou galeries, ou indirectement, par le biais de la reproduction entre autres.
L’exposition rassemble un ensemble important de peintures et de dessins et ambitionne de présenter de manière exhaustive la production sculptée et gravée de l’artiste entre 1900 et 1906.
18 septembre 2018 – 6 janvier 2019, Musée d’Orsay


2 octobre –  Joan Miró par Dominique Dupuis-Labbé, conservateur général au service des musées de France

Réunissant près de 150 œuvres, cette rétrospective retrace l’évolution technique et stylistique de l’artiste. Miró crée à partir de ses rêves et nous ouvre les portes de son univers poétique. Peintre à la verve éclatante, lié au surréalisme, il inventa un langage plastique qui puise largement aux sources de sa Catalogne natale. Passionné aussi par d’autres formes d’art, il s’illustra notamment dans les domaines de la céramique, du textile…

Miró déclarait : « Les gens comprendront de mieux en mieux que j’ouvrais des portes sur un autre avenir, contre toutes les idées fausses, tous les fanatismes ». La création de cet artiste d’exception irrigue l’art de tout le XXe siècle, irradiant de sa puissance et de sa poésie près de sept décennies avec une générosité et une originalité inégalées.
Aux périodes fauve, cubiste et détailliste, suivent l’époque surréaliste où Miró invente un monde poétique, inconnu jusqu’alors dans la peinture du XXe siècle. Ces périodes fécondes mettent en évidence les questionnements de l’artiste, ses recherches ainsi que sa palette de couleurs toujours au service d’un vocabulaire de formes inusitées et nouvelles. Ni abstrait ni figuratif, riche de multiples inventions, c’est dans un parcours poétique que l’on découvre le langage résolument neuf que n’a eu de cesse de développer Miró. Son art prend ses sources dans la vitalité du quotidien pour s’épanouir dans un monde jusqu’alors méconnu où les rêves du créateur occupent une place privilégiée. « Il me faut un point de départ, explique Miró, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut il me déclencher un monde. »
La montée du fascisme, dans les années 1930, le voit s’engager dans une lutte sans fin pour la liberté. Des peintures dites « sauvages » illustrent la force étrange et inédite qu’il donne à son œuvre dans ces moments de tension extrême. Dans les années 1940, l’apparition des Constellations, une série de petits formats exceptionnelle exécutée à Varengeville-sur-Mer, en Normandie, livre un dialogue avec des rêves inassouvis. Bientôt ce sera l’interrogation sur la céramique qui donnera naissance à une sculpture qui témoigne, là aussi, de cette passion pour la réalité et une part de rêverie qui n’était pas a priori imaginable dans cette discipline.
Les dernières salles sont consacrées aux vingt-cinq dernières années de la création du peintre. Dans son grand atelier de Majorque construit par son ami l’architecte Josep Lluis Sert, Miró peint des oeuvres de plus grands formats qui donnent une ampleur nouvelle à un geste toujours aussi méticuleusement précis. Le vide s’empare d’une grande partie des toiles longuement méditées. Miró déploie une énergie nouvelle avec des signes et des formes mettant en évidence une création toujours en éveil.
3 octobre 2018 – 4 février 2019, Grand Palais


9 octobre –  Renoir père et fils, peinture et cinéma  par Sylvie Patry, conservateur en chef, directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

L’exposition veut explorer le dialogue fécond et parfois paradoxal entre un père, Pierre-Auguste Renoir, et un fils, Jean Renoir, entre deux artistes, entre peinture et cinéma. Les points de contact entre l’œuvre du cinéaste et du peintre vont au-delà d’un jeu d’influence et de transposition.
Tout se passe comme si c’est en interrogeant la peinture de Renoir et de ses contemporains et, plus généralement, le XIXe siècle finissant, que Jean forge sa personnalité artistique et établit son autonomie de cinéaste. L’exposition revient de façon neuve sur son rôle dans la diffusion de l’œuvre de son père, ses relations avec le milieu artistique et sa pratique de céramiste qu’il met en parallèle avec celle du cinéma, car potiers et cinéastes composent avec le hasard.
Les relations entre Pierre-Auguste et Jean sont jalonnées de portraits croisés, entre un fils qui a posé pour son père sans jamais l’avoir filmé, mais qui prépare pendant près de vingt ans sa biographie encore très lue aujourd’hui. A travers des tableaux, des extraits de films, des photographies, des costumes, des affiches, des dessins, et des documents, pour certains inédits, cette exposition pluridisciplinaire explore des thèmes (le rôle du modèle féminin par exemple) et des géographies (la Seine, Montmartre, le Midi) communs à deux oeuvres que réunissent peut-être plus sûrement encore un goût de la liberté et une profonde humanité.
6 novembre 2018 – 27 janvier 2019, Musée d’Orsay


16 octobre –  Le cubisme par Dominique Dupuis-Labbé, conservateur général au Service des Musées de France

Le cubisme est sans doute le mouvement le plus décisif de l’histoire de l’art moderne, il a bouleversé la notion de représentation dans l’art.
L’exposition témoigne des échanges entre ses artistes et leurs correspondants du monde intellectuel et social contemporain en rassemblant quelque 300 œuvres des principaux artistes cubistes, tels que Picasso, Braque, Derain, Laurens, Delaunay, Léger, Picabia, Duchamp… Dans un parcours chronologique, éclairant pour le plus grand public les concepts clés, les outils et les procédures qui ont assuré l’unité du mouvement, l’exposition réunit pour la première fois les œuvres les plus déterminantes et les séries les plus significatives. Elle met en lumière le caractère à la fois expérimental et collectif de ce mouvement fondateur. Le monde cubiste est exposé dans ses dimensions sociétales et historiques à partir d’œuvres exemplaires et de ressources documentaires. Le public plonge au cœur des relations du cubisme avec d’autres champs de la pensée, d’autres formes littéraires, poétiques et musicales. Il explore la sensibilité du mouvement à la modernité, au présent et au futur, et s’attarde sur sa parenté avec les découvertes scientifiques et techniques symétriques. Cette exposition est réalisée en partenariat avec le Kuntsmuseum de Bâle. »
17 octobre 2018 – 25 février 2019, Centre Pompidou


20 novembre –  Bellini-Mantegna par Fabrice Conan, historien de l’art

Andrea Mantegna (1431-1506) et Giovanni Bellini (c. 1435-1516) développent une relation à la fois professionnelle et personnelle au cours de la Renaissance vénitienne. Mantegna épouse la sœur de Giovanni en 1453, entrant ainsi dans l’un des plus grands ateliers de Venise dirigé par Jacopo Bellini, le père de Giovanni. Les échanges intenses d’idées et le jeu d’influences qui en résulte auront des répercussions fondamentales sur la peinture en Italie.
L’exposition Mantegna et Bellini, représentent à traves des prêts importants de peintures, de dessins et de sculptures, explore et compare le travail de ces deux éminents artistes qui étaient également liés par le mariage. Le cœur de l’exposition est formé par la juxtaposition historique de deux thèmes traités par les deux protagonistes «L’agonie au jardin des oliviers» (National Gallery Londres) et «La présentation au temple» – Mantegna de la Gemäldegalerie de Berlin et Bellini de la Fondazione Querini Stampalia de Venise.
En 1460, Mantegna s’installe à Mantoue où il occupe le poste de peintre de cour à la famille dirigeante, les Gonzague, jusqu’à sa mort en 1506. Bellini, qui mourut 10 ans plus tard, a passé toute sa carrière à Venise républicaine. Malgré la distance qui les sépare, leur travail témoigne de leur échange artistique créatif continu pour le reste de leur longue vie.
1er octobre 2018 – 27 janvier 2019, National Gallery, Londres & 1er mars – 30 juin 2019, Staatliche Museen zu Berlin


27 novembre –  Caravage à Rome, amis et ennemis par Pierre Curie, conservateur du musée Jacquemart-André

L’exposition se consacre à la carrière romaine de Caravage et au milieu artistique dans lequel il a évolué. Le peintre entretenait des relations étroites avec le cercle intellectuel romain de l’époque : poètes et érudits, artistes et collectionneurs, commanditaires… Le musée dévoile ainsi toute l’étendue du génie de Caravage et rend compte de l’effervescence artistique qui régnait alors dans la Cité éternelle.
Provenant des grands musées italiens, les toiles présentées permettront de retracer la carrière romaine de Caravage (1592 – 1606) jusqu’à l’exil. Elles dialogueront avec les œuvres d’illustres contemporains, comme le Cavalier d’Arpin, Annibal Carrache, Orazio Gentileschi, Giovanni Baglione ou Ribera, afin de dévoiler toute l’étendue du génie novateur de Caravage et de rendre compte de l’effervescence artistique qui régnait alors dans la Cité éternelle.
Né en 1571, Michelangelo Merisi, dit Caravage, va révolutionner la peinture italienne du XVIIe siècle par le réalisme de ses toiles et par son usage novateur du clair-obscur, et devenir le plus grand peintre naturaliste de son temps.
Il s’agira tout d’abord d’évoquer la vie à Rome au début du XVIIe siècle, en montrant l’activité des ateliers des grands peintres, dans lesquels Caravage fait ses premières armes. C’est aussi à cette période qu’il fait des rencontres qui vont être déterminantes pour sa carrière, celles du marquis Giustiniani (1564 – 1637) et du cardinal Francesco Maria del Monte (1549 – 1627): ils deviennent deux des plus grands mécènes de Caravage et lui adressent de nombreuses et prestigieuses commandes. Évoquer ces collectionneurs et leurs palais, fréquentés par les amateurs et les artistes, permettra aussi de montrer l’influence de Caravage et de ses thèmes sur les peintres européens.
Après les amis et les soutiens de Caravage, l’exposition s’attachera à présenter ses ennemis et rivaux présents sur la scène artistique romaine de ce temps. Caravage, qui ne voulait pas être imité et qui le fut pourtant malgré lui, s’est parfois opposé à ses contemporains, à l’occasion de discussions, de rixes, et même de procès.
L’exposition s’achèvera sur l’épisode de la rixe de 1606, au cours de laquelle Caravage tue Ranuccio Tomassoni, et sur les derniers jours de l’artiste à Rome. Condamné à mort à la suite de cette rixe fatale, Caravage est contraint à l’exil et meurt en 1610, sans avoir pu regagner Rome.
21 septembre – 28 janvier 2019, Musée Jacquemart-André


18 décembre –  La fabrique du luxe : le réseau des marchands-merciers parisiens au XVIIIe s. par Fabrice Conan, historien de l’art

Paris s’illustre au XVIIIe siècle comme la capitale du goût et de la création. Un commerce tout nouveau se développe, celui des créateurs-décorateurs. Les marchands-merciers se trouvent au cœur d’un réseau entre le commanditaire, l’artisan-artiste et, un phénomène nouveau à la puissance croissante sur le marché, la « mode ».
« Vendeurs de tout, faiseurs de riens », suivant la célèbre et peu amène sentence prononcée par Diderot dans son Encyclopédie, les marchands-merciers constituent l’une des corporations parisiennes les plus importantes au XVIIIe siècle. Le musée Cognacq-Jay organise la toute première exposition consacrée à cette corporation particulièrement codifiée et incontournable dans la diffusion de l’art et du luxe français. À travers les destins de marchands comme Gersaint ou Duvaux, le musée présente une centaine d’œuvres d’art, de documents et d’archives illustrant les origines du luxe à la parisienne. À la fois négociant, importateur, collecteur, designer et décorateur, le marchand-mercier occupe un rôle majeur dans l’essor de l’industrie du luxe à cette époque. Personnage atypique, il entretient des liens dans la haute aristocratie et s’appuie sur un réseau international d’artistes comprenant les meilleures spécialités techniques et artistiques, qu’elles proviennent de Lyon ou de Chine. Les marchands-merciers se trouvent au cœur d’un réseau à trois pôles : le commanditaire, l’artisan ou artiste et, phénomène nouveau à la puissance croissante, la « mode ». Aussi, pour se faire connaître et agrandir leurs réseaux, ils développent les mécanismes de la promotion publicitaire, avec le concours de dessinateurs anonymes ou d’artistes comme Boucher ou Watteau. Dissoute durant la période révolutionnaire, cette corporation suscite encore aujourd’hui l’intérêt des historiens de l’art et d’universitaires qui en font leur sujet de recherches. Le parcours de l’exposition explore le contexte propice à l’épanouissement de ce réseau, les clefs de leur succès et leurs innovations, et s’attache à dépeindre quelques-uns de ses illustres représentants.
29 Septembre 2018 – 27 Janvier 2019, Musée Cognacq-Jay


22 janvier –  Fernand Khnopff (1858-1921) – Le maître de l’énigme par Dominique Morel, conservateur en chef au Petit Palais

Fernand Khnopff, peintre symboliste belge, invite à la rêverie et à une réflexion sur l’identité. L’exposition aborde ces grands thèmes : des paysages aux portraits d’enfants, des rêveries inspirées des primitifs flamands aux souvenirs de Bruges-la-Morte, des usages complexes de la photographie jusqu’aux mythologies personnelles, placées sous le signe d’Hypnos.
Artiste rare, le maître du Symbolisme belge n’a pas bénéficié de rétrospective à Paris depuis près de quarante ans.
L’exposition rassemblera une centaine de pièces emblématiques de l’esthétique complexe de Fernand Khnopff, peintre, dessinateur, graveur, sculpteur et metteur en scène de son œuvre. L’artiste joue avec les thèmes, du portrait aux souvenirs oniriques, du fantasme au nu, et invite à la rêverie et à une réflexion sur l’identité.
Les oeuvres majeures de Khnopff seront mises en regard avec celles d’artistes de son temps, de Gustave Moreau à Klimt et Von Stuck, permettant de le replacer dans le contexte de l’Europe fin-de-siècle.
Ainsi l’exposition tentera de recréer dans sa scénographie le parcours initiatique de sa fausse demeure qui lui servait d’atelier, comme celle du Palais Stoclet où se marièrent à Bruxelles les esthétiques belge et viennoise. Renonçant à la chronologie, elle abordera les grands thèmes qui parcourent son œuvre, des paysages aux portraits d’enfants, des rêveries inspirés des Primitifs flamands….
11 décembre 2018 – 17 mars 2019, Musée du Petit Palais


9 avril –  Le modèle noir  par Isabelle de Maison Rouge, historienne de l’art

L’exposition s’intéresse principalement à la question du modèle, et donc du dialogue entre l’artiste qui peint, sculpte, grave ou photographie et le modèle qui pose. Elle explore la manière dont la représentation des sujets noirs évolue dans les œuvres majeures de Géricault, Cordier, Carpeaux, Manet, Cézanne et Matisse et des photographes Nadar et Carjat.
En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l’art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l’imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l’abolition de l’esclavage en France (1794) à nos jours. Tout en proposant une perspective continue, elle s’arrête plus particulièrement sur trois périodes clé : l’ère de l’abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu’à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l’avant-garde du XXe siècle et les générations successives d’artistes post-guerre et contemporains.
L’exposition s’intéresse principalement à la question du modèle, et donc du dialogue entre l’artiste qui peint, sculpte, grave ou photographie et le modèle qui pose..
26 mars – 14 juillet 2019, Musée d’Orsay


28 mai –  Berthe Morisot par Sylvie Patry, conservateur en chef, directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay

Berthe Morisot a été l’une des fondatrices du groupe impressionniste qui a conduit à la première exposition l’année suivante en 1874. Elle a été immédiatement reconnue comme une des artistes les plus novatrices du mouvement et, malgré les quolibets qui ont entouré la naissance de l’impressionnisme, elle a gagné les éloges de critiques et d’amateurs influents.
Berthe Morisot, femme impressionniste est organisée par le Musée national des beaux-arts du Québec, la Fondation Barnes, le Dallas Museum of Art et les Musées d’Orsay et de l’Orangerie. Elle explorera les tableaux de figures et les portraits qui dominent la production de l’artiste en réunissant de 50 à 60 toiles provenant d’institutions publiques et de collections privées du monde entier.
Berthe Morisot a été une des fondatrices du groupe impressionniste. Aujourd’hui, si elle reste pourtant moins connue que ses homologues impressionnistes, comme Claude Monet, Edgar Degas et Pierre-Auguste Renoir, Berthe Morisot est assurément considérée aujourd’hui comme une des artistes majeures de l’impressionnisme. L’exposition mettra en lumière et réaffirmera le rôle de l’artiste en tant que personnalité incontournable du mouvement impressionniste et du développement de l’art moderne à Paris pendant la seconde moitié du 19e siècle. Sera retracé le parcours exceptionnel d’une peintre, qui, à rebours des usages de son temps et de son milieu, est devenue une figure essentielle des avant-gardes parisiennes, de la fin des années 1860 jusqu’à sa mort en 1895. Peindre d’après modèle lui permet en effet d’explorer plusieurs thématiques de la vie moderne, telles que l’intimité de la vie bourgeoise de l’époque, le goût de la villégiature et des jardins, l’importance de la mode, le travail domestique féminin, tout en brouillant les frontières entre intérieur/extérieur, privé/public ou fini/non fini. Pour Morisot, la peinture doit s’efforcer de « fixer quelque chose de ce qui passe ». Sujets modernes et rapidité d’exécution ont donc à voir avec la temporalité de la représentation, et l’artiste se confronte inlassablement à l’éphémère et au passage du temps. Ainsi, les dernières œuvres de Morisot, caractérisées par une expressivité et une musicalité nouvelles, invitent à une méditation souvent mélancolique sur ces relations entre l’art et la vie.
17 juin – 22 septembre 2019, Musée d’Orsay
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